13 mars 2010 (CHILI, PATAGONIE)

Navimag, la suite

28 février – Navimag – Jour 3

Ben voilà, ce qui devait être un calvaire, un vidage de tripes et un sale moment à passer, ne fut qu’une bonne nuit parmi tant d’autres. Très gentiment, le Pacifique et le Golfe seront restés très calmes. Ouf …

Le jour se lève sous un ciel très couvert. Le Capitaine nous annonce que c’est le temps normal de la région, donc tout va bien.
Au programme, une journée très chargée : une épave, le village de Puerto Eden et le glacier Pio XI.

Nous sommes comme dans un rêve, emporté dans un autre monde. Le silence, le paysage statique, ces nuages si bas donnent une atmosphère d’isolement, de solitude et de petitesse dans cette immensité. Nous glissons dans ce calme …


Vers 13h, nous sortons de cette ambiance paisible et revenons à la réalité. Escale à Puerto Eden, petit village du bout du monde, isolé de tout que l’on ne peut atteindre que par bateau. Il apparaît avec ses maisons colorées, narguant la grisaille permanente. Etonnant de parler d’Eden dans un environnement aussi difficile pour l’homme ….

Puerto Eden, paradis perdu ...

Il n'y a pas que les maisons qui sont colorées ...

Nous avons 1h pour flâner au milieu de ses quelques bâtisses qui vivent au grès de la pêche et du passage du navimag 2 fois par semaine.
Mais voilà, même dans le trou le + paumé qui puisse exister, on rencontre des français ! Imaginez un village perdu au milieu des fjords, à 13000 km de notre métropole, un petit ponton avec 1 seul voilier arrimé. Eh bien il faudra que ce soit 1 voilier français ! Les Thessie font le tour de l’Amérique Latine avec leurs 3 enfants ! Quelle ironie du sort : ça fait 2 jours qu’Hervé est de + en + tenté par un futur voyage en bateau à force d’écouter les récits de Daniel et Jacqueline. Et voilà qu’on croise des voileux … Hervé et Victoire visitent ce beau 14m bloqué depuis une semaine attendant la pièce miracle pour réparer son moteur. Mais avec le tremblement de terre, pas sûr de savoir où elle se trouve à l’heure actuelle ! Emmanuelle est dépitée d’envisager une nouvelle semaine dans ce joli coin où il n’y a rien à faire … Arnaud confirme à Hervé qu’avec du bon sens et de la prudence, naviguer c’est facile …


Bon, on bavarde on bavarde, mais on va quand même faire le tour de ce joli petit patelin où les habitants exposent leurs petits oeuvres artistiques pour touristes histoire de compléter les revenus modestes à chaque passage du navimag. Maisons mignonnes mais pas toutes en très bon état …


Au moment de ré-embarquer, j’apprends qu’il y a une connexion internet dans l’école du village. J’ai 1 minute pour envoyer un mail aux parents et beaux-parents et les rassurer sur le fait qu’on est hors zone sismique. Vive la technologie ! Ouf … Désolée pour les amis, il faudra attendre encore 24h …

Le navimag reprend sa route au milieu des fjords. Petite sieste, détente. C’est incroyable comme l’ambiance entre tous les passagers est sereine et agréable. Est-ce le rythme tranquille du bateau, les fjords majestueux, l’effet des longs voyages qui donnent à chacun autant de zénitude ? En tout cas, on en profite et on se requinque !


L’approche du glacier est exceptionnelle. Au loin se détache cette masse immense. L’eau du canal se transforme et devient glaciaire : épaisse avec une très forte concentration de minéraux venant de la fonte de la glace lui donne une couleur étonnante entre le vert et le bleu très clair.

Le voilà ce glacier Pi XI : acerbe, irrégulier, avec ses pics de glace et ses entailles. Le bateau s’approche à quelques 300m. C’est magique ! D’une surface aussi grande que celle de Santiago, il nous domine de ses 50m émergés. Comme coupée au couteau, taillée à la hache, c’est une mer de glace de 3km de large sur 64 km de long jouant du bleu foncé au blanc immaculé. Phénomène naturel fabuleux où + la glace est ancienne, + sa couleur est intense. Le spectacle est saisissant et nous ne lassons pas. Loin d’être statique, cette puissance de la nature est un des rares glaciers au monde à croître et avance chaque jour d’environ 2m. Cette avancée provoque des chutes de glace et un bruit étourdissant de craquement. FASCINANT !
Le navimag fait bien les choses, une petite embarcation se met à l’eau pour récupérer un gros glaçon … Eau douce et pure !

Eugénie repart avec sa copine Olivia et nous passons la soirée avec Abel, un mexicain vivant à Madrid et adorant parler français, Jacqueline et Daniel. Petit apéro sur un très beau lever de lune et coucher de soleil. Encore un moment de bonheur …

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1er mars – Jour 4

Il fait beau ! Parfait pour profiter à fond de cette dernière journée. Victoire regrette que ce soit si court. On y est tellement bien.
Sur le pont dès le petit-déj avalé, nous profitons de cet enchaînement de montagnes d’un vert sombre puis rocheuses puis de monts enneigés et à nouveau les forêts, les rochers … L’eau est comme un miroir brisé régulièrement par des groupes d’otaries venant nous saluer.

Ca y est, nous approchons de Puerto Natales. Le téléphone capte … des dizaines de messages et de mails des proches inquiets suite au séisme. Ouf, on va pouvoir rassurer tout le monde !
Nous sortons de ce rêve, de ces 4 jours où le temps était suspendu. Une nouvelle page du voyage se tourne, Patagonie, nous voilà !

2 commentaires

de Louise major
Posté le 15/03/2010 à 9 h 21 min

Hola amigos!
Un petit coucou pour toute la famille de nous deux.

Comme la vie va comme elle va, nous sommes contents d apprendre que votre voyage se poursuit malgre les vagues,les marees, les aventures et les incertitudes.

Quel plaisir de voir le bonheur dans vos sourires !

Grandes bises aux petites et aux plus grands,

Continuez de tripper,

Bernard et Louise du Quebec
XXXX

de lienard
Posté le 24/03/2010 à 8 h 28 min

je veux le bonnet multicolore de la dame!
promis Hervé, je le porterai tous les jours! :)

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