8 avril 2010 (ARGENTINE)

Buenos Aires, le Paris de l’Amérique Latine ?

Pourquoi pas. En tout cas, c’est ce qu’avait voulu en faire un des anciens présidents argentins (ou maire ?) qui avait eu la bonne idée d’importer les pigeons pour lui donner une note parisienne. Y a eu meilleure idée en ce bas monde !

Nous sommes tout de même en partie d’accord avec lui pour se laisser penser que Buenos Aires a l’allure et la prestance de nos belles capitales européennes. De très belles bâtisses anciens et modernes, de grands monuments, l’art si présent, un goût de romantisme et de beaux mélanges entre milieux d’affaires, culture, art de vivre et histoire.

Plutôt Europe ancienne ...

ou plutôt très latin. Il y en a pour tous les goûts !

Son très beau théâtre Colon

ses bouquinistes ...

ses boutiques ??

ses baraques à frites !

il y a aussi des trucs très très moches ...

Nous avons aimé ses nombreux espaces verts où l’on se prélasse en admirant les bijoux architecturaux, ce foisonnement des rues avec musiciens, vendeurs à la sauvette, rabatteurs, danseurs de tango, portenos (habitants de Buenos Aires) allant et venant comme une fourmillière, ses bars, petits restos, terrasses allant du bon vieux café aux nappes à carreaux et au serveur aussi caractériel que nos titis parisiens au resto branché, au design parfait, tendance et raffiné en passant par les petits cafés littéraires où se réunissent les intellectuels.

Vous allez nous dire, pas très dépaysant tout ça ! C’est vrai, il y a un vrai goût d’Europe. D’ailleurs les argentins se plaisent à regarder vers l’Atlantique + que vers l’Amérique Latine, s’isolant un peu de leurs voisins. Rappel, ce n’est pas pour rien qu’ils racontent fièrement que les Péruviens descendent des Incas, les Mexicains des Mayas et les Argentins des bateaux !

Enfin, il faut s’imprégner, se perdre dans la ville pour découvrir et savourer ce goût latin si spécifique. Mais pour ça, nous devons nous adapter au rythme de vie. Nous sommes en pleine semaine sainte et les portenos ont profité de ces mini-vacances pour filer fêter Pâques en famille. Le calme règne sur la plaza de Mayo où seuls les vétérans de la guerre de Malouines militent pour leurs droits et pour le rattachement des îles à l’Argentine.

La place où les “folles” de Mai (pas folles du tout d’ailleurs), tournaient autour de l’obélisque, chaque jeudi pendant 25 ans pour réclamer leurs 11000 fils disparus (30000 selon les mères de Mai) sous les dictatures militaires de 1976 à 1983, nous apparaît toute petite par rapport à ce que nous imaginions.
Elle est dominée par le Palais présidentiel à la couleur rosâtre. Encore une bonne idée d’un ancien président qui voulait encourager l’unité du pays : il a fait peindre le palais avec la couleur des 2 partis politiques : une couche de rouge puis une de bleu. Saugrenu et pas très réussi …

Le quartier du Centre est très marqué par ces banques énormes telles des forteresses. Elles montent à quel point le milieu bancaire est puissant dans le pays et aussi, au travers de traces laissées par des militants, à quel point il n’est pas aimé, considéré comme un traître, allié des riches et des puissances étrangères. Les argentins les considèrent responsables de leur instabilité économique et surtout de leur terrible crise de 2002.

En ce Vendredi Saint, tout est clos, paisible, endormi. Il nous faut crapahuter jusqu’à Recoleta pour trouver enfin un quartier animé où règne cette atmosphère portena si agréable. Les familles flânent sur les bancs, les pelouses, les terrasses, entre les présentoirs des artisans.
L’église de Nuestro Senor del Pilar  accueille sans a priori aucun les centaines de touristes mêlés aux croyants venus faire leur chemin de croix.

Nuestra Senor del Pilar, l'une des multiples églises de la ville

Juste à côté, le cimetière très tendance de la Recoleta arbore fièrement les centaines de caveaux des riches familles portenas. De la + sobre, à la + travaillée, comme un besoin d’étaler sa richesse ….

C’est enfin le dimanche de Pâques que nous découvrons vraiment cette atmosphère si typiquement latine. Nous partons nous perdre dans le quartier San Telmo où les marchands ambulants,, mini brocanteurs, antiquaires, artisans envahissent les rues et les places. La vie se met au rythme des artistes de rues, tantôt sur un tango langoureux, tantôt sur le rythme endiablé des sonorités brésiliennes. Eugénie s’adapte à tout et est toujours au rdv pour se dépenser sur les notes sonnantes et trébuchantes.

C’est au coeur de cette ambiance chaleureuse et enjouée que nous retrouvons nos amis Jacqueline et Daniel. Joie de les revoir. Echanges passionnés de nos dernières étapes de voyage, du vécu, de l’appréhension du retour et sur l’état de la politique française ! Comme quoi, notre cher pays nous tient toujours à coeur ! Nous devions les retrouver la veille sur ce cher lyster, ce voilier qui donne tant d’idées à Hervé, pour un apéro sur le Rio. Mais mes intestins en ont décidé autrement en me clouant au lit pendant 24h. Ce ne sera pas pour cette fois-ci.
Nous les quittons avec la promesse de passer les voir à Toulon ou pour la Braderie à Lille …

Ca sent le retour qui se rapproche … Pour un avant-goût, les cloches de Pâques nous livrent spécialement nos 1ères retrouvailles depuis 5 mois 1/2. Les filles accueillent sur-excitées les parents d’Hervé “fraîchement” débarqués. Et summum pour Eugénie, Bernard est venu la rejoindre ! Elle ne le quitte plus des yeux.


Après quelques heures de concentré de nouvelles en tout genre, nous embarquons dans le bus touristique qui offre un bon aperçu de la ville … El Centro, San Telmo, la Boca, Puerto Madero s’enchaînent, offrant leurs ambiances si variées.

Nous savourons ces retrouvailles familiales dans les rues arborées de Palermo. Le zoo enchante les filles et nous aussi avec ses 300 espèces en tout genre. Surtout les condors que nous pouvons voir de près ne les ayant aperçus que de très très loin à El Chalten.

Des animaux pas trop d'ici ...

D'autres carrément d'ici ...

et des espèces inconnues ... Oups,cherchez l'erreur !

Buenos Aires est si agréable. L’atmosphère animée et vivante n’a pas du tout le speed et le stress parisien.
Il y fait bon vivre …

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1 commentaire

de Grand et Mabelle
Posté le 10/04/2010 à 17 h 54 min

à nos quatre voyageurs qui , en quelque sorte ,avec ce site , ont su nous emmener avec eux et un peu tout vivre avec eux :
les mouches d’Australie , le froid de Kangaroo , les caps de north Island , les couleurs de Valparaiso , les amitiés de Cancon , la sauvagerie du bout du monde………
Avec des amis d’ici qui ont suivi ce site , nous avons tous apprécié le temps que vous avez pris pour construire ces articles , le choix des photos , le style des commentaires , le choix des mots pour traduire vos émotions , votre humour…….
…….on attendait toujours la suite !! et on n’ est pas déçu !!
Mabelle et Grand père

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