22 avril 2010 (ARGENTINE)

Un tango à Buenos Aires …

Comment évoquer Buenos Aires sans parler de tango ? Ce serait comme parler du Nord sans ses moules-frites ou passer une soirée avec Hervé sans apéro !

Ils sont fous ces argentins

Le tango est ancré dans le coeur des Portenos depuis de nombreuses années. Il est né à la fin du XIXè, dans les quartiers pauvres et malfamés de la capitale. Musique triste évoquant la solitude des hommes immigrés venus chercher la fortune en Argentine sans succès. Ils créèrent cette danse entre eux, un homme avec un homme, et inventèrent ces pas qui mimaient le « dame la lata » (« donne-moi le jeton » que remettait la mère maquerelle pour voir les prostituées). Au début, c’est un mélange de parodies des danses « chic » de la haute société, de gestes de séduction pour ne pas dire obscènes et de démonstration de virilité (toute la classe des hommes seuls entre eux !).

De fil en aiguille, la guitare et la flûte sont doublés par le bandonéon qui s’impose et devient l’instrument principal. Les pas se complexifient, les répertoires deviennent + qualitatifs, le rythme ralentit. Les peuples exclus s’unissent autour de cette musique aux tonalités mélancoliques.

La bonne société argentine rejette en bloc cette danse à leurs yeux si provocatrice et si choquante. Mais elle séduit la haute bourgeoisie parisienne qui se l’approprie et l’intègre dans ses danses de salon. Une vraie tangomania s’empare de l’Europe à partir de 1910. Le tango est enfin reconnu comme digne par les portenos : ils l’adoptent enfin. Cet engouement est tel que la danse en devient un emblème pour la capitale.

On ne peut flâner dans les rues animées de Buenos Aires sans tomber sur des danseurs exhibant quelques pas. Et on se laisse porter par ces notes chantantes.

Avec Victoire, nous voulions en voir un peu + et aller au-delà du tango des rues. Nous sommes donc parties, bras dessus – bras dessous se faire une petite soirée toutes les 2. Forcément, à 21h, nous sommes les 1ères, quelle idée de sortir si tôt à Buenos Aires ! Petit bar sombre aux tables rondes drapées de noir, où joue un mini orchestre (piano, contrebasse et bandonéon). S’enchaînent danseurs, chanteurs, musiciens. Défilés de tenues toutes + pailletées les unes que les autres.

Les pas sont rapides, les jambes s’emmêlent et se démêlent au rythme des notes (c’était très beau et faudra nous croire sur parole, on n’a pas de photo !) . Victoire a la banane jusqu’aux oreilles, elle dévore des yeux. Comble du bonheur, le danseur invite par 2 fois Victoire à faire quelques pas de tango avec lui. Fière et gracieuse, elle s’en sort très bien ! Un vrai plaisir pour les yeux et moment unique entre Victoire et moi. Inoubliable …

PS : merci à nos 2 voisines néerlandaises qui nous ont fait profiter de leur appareil photo ! Hervé était trop inquiet pour me laisser partir seul avec l’appareil photo. Je ne comprends pas pourquoi …


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